Culture-Passion
CINEMA
Pierre Schoeller                                  Versailles

Deux merveilleux acteurs, Guillaume Depardieu et le tout jeune Max Baissette de Malglaive. Mais pour moi semble sonner très "faux". Des SDF philosophes et doux rêveurs, un enfant de cinq ans qui se retrouve à vivre dans une cabane au fond des bois (près du château de Versailles !) avec un marginal qui n'est pas son père. Non, ce ne peut pas être un conte ! En 2008, il n'y a plus de conte. Ce film se veut réaliste ? Réaliste mais invraisemblable ! Cette mère qui abandonne son fils à un inconnu un matin au milieu des bois ?
Bien sûr, ce sans-abri qui s'attache petit à petit à cet enfant, peut-être pour donner un sens à sa vie...? Il finira d'ailleurs par le reconnaître pour qu'il ait un nom, une existence légale. Sentimentalisme peut-être ?

 Andrzej Jakimowski                Un conte d'été polonais
Film polonais sorti en France en 2008, récompensé dans les festivals de Venise, Sao Paulo, Tokyo, Miami...
Dans une petite ville de Pologne, un petit garçon, Stefek, est élevé par sa mère et sa grande soeur. Et le père ? Parti, disparu..., on ne le saura pas. Alors Stefek, en vacances d'été, vit sa vie d'enfant. Et c'est sa vie, à travers ses yeux d'enfant de 10 ans, que l'on vit dans le film. Il espère toujours le retour de son père; est-ce pour cela qu'il est fasciné par les trains et qu'il passe une grande partie de son temps à la gare. Sur le quai de cette gare, il rencontre chaque jour un homme qui attend le train. Stefek pense que cet homme est son père, enfin il le veut ainsi, c'est forcément son père...
Un film très sensible, où il ne se passe presque rien, que la vie vue à travers le regard d'un enfant.       
Denis Côté                                    Curling
Film québecois sorti en 2011.
Nous sommes au Québec, en hiver... Jean-François vit seul avec sa fille de 12 ans, Julyvonne. Il a une belle maison, isolée dans l'hiver canadien. Il travaille dans un salon de quilles, sa fille reste seule à la maison. Elle ne va pas à l'école, n'y est jamais allée. Apparemment, tout semble aller pour le mieux. Mais à 12 ans, on a envie de découvrir le monde. Cette intimité père-fille est assez asphyxiante. Le spectateur ressent un certain malaise. Pourtant il ne se passe pas grand-chose. Il y a bien ces cadavres gelés que l'adolescente découvre lors d'une de ses promenades solitaites dans la forêt ennengée. Et puis aussi ce petit garçon qui construit un fort en neige près de leur maison et que le père découvre un soir sur le bord de la route, blessé. Il ne faut pas chercher à tout comprendre, à tout expliquer, car parfois il n'y a rien à expliquer, ni le tigre que Julyvonne rencontre dans la forêt, ni la mère absente... Il faut se laisser bercer par l'atmosphère, l'irrationnel....                                                                                         
Achero Manas                                El Bola
Film espagnol sorti en 2000.
L'adolecence.... Pablo, 12 ans, surnommé "el Bola", la boule, à cause d'une petite boule porte-bonheur qui ne le quitte jamais, vit à Madrid, va au collège, mais n'a pas vraiment d'ami. Un jour, un nouvel élève, Alfredo, arrive dans sa classe. Pablo va tout faire pour devenir son ami. Alfredo vit au sein d'une famille heureuse, un père tatoueur très cool, une mère aimante, un petit frère rigolo. La communication entre les deux jeunes adolescents n'est pas toujours facile. Pablo (el Bola) découvre une famille heureuse. Ce qui n'est pas le cas pour lui.
Des acteurs merveilleux, l'heure et demie du film passe si vite. Un retour sur cette période si difficile de l'adolescence, l'amitié, la violence, la famille, la mort...                                                                
Alain Resnais              La vie est un roman
Film d'Alain Resnais, 1983
Beaucoup d'acteurs célèbres (ou qui le deviendront), des décors baroques, étranges et souvent magnifiques. Bref, un régal pour la vue. Mieux vaut ne pas trop chercher à comprendre le fin fond de l'histoire (s'il y en a un...).
Tout cela est décadent et mystérieux, les différents récits sont très imbriqués, le passé et le présent se mélangent.
Les parties chantées sont un peu "tartes", les enseignants souvent ridiculisés -car en fait le film se passe dans un collège expérimental où se déroule un "colloque pédagogique").
On peut parfois se demander ce que font Ruggero Raimondi et Géraldine Chaplin dans ce film. Seuls les trois enfants qui sont restés au collège nous font garder les pieds sur terre. Film agréable à regarder, plein de fantaisie, sans se prendre la tête.
Alain Resnais                                    Mélo
Film d'Alain Resnais sorti en 1986
De très bons acteurs (Sabine Azéma, Pierre Arditi, André Dussolier) dans un film qui l'est beaucoup moins. Ça ressemble un peu à un "mélo" de boulevard pour public populaire. Un célibataire beau et célèbre, un couple d'amis dont la femme, jolie, semble un peu s'ennuyer auprès de son mari un peu trop gentil dans son pavillon de banlieue. Alors bien sûr la jeune femme tombe amoureuse du beau violoniste et trompe son mari. Le début traîne en longueur car on comprend très vite ce qui va se passer entre eux. Mais le beau violoniste est un grand consommateur de maîtresses. Le mari ne peut imaginer que sa femme le trompe avec son meilleur ami....
Un film intéressant pour les fans d'Alain Resnais.
Alain Resnais                      Mon oncle d'Amérique
Film d'Alain Resnais sorti en 1980
Avec Roger Pierre, Gérard Depardieu, Pierre Arditi ...
Trois histoires entremêlées censées expliquer ce que nous savons (savions...) du comportement humain.
Les acteurs sont très bons (Depardieu). Quant à Roger Pierre, on se demande vraiment ce qu'il fait dans ce film (et lui aussi sans doute).
Film très agréable, facile à suivre (ce qui n'est pas toujours le cas avec Alain Resnais). Un bourgeois ambitieux, un fils de paysan devenu directeur d'usine, quelques retours à l'enfance pour expliquer le tout...
Les interventions doctrinales du professeur Laborit (très contestées depuis) semblent vraiment inutiles et ennuyeuses.
Tim Burton                       Edward aux mains d'argent
Commençons par le titre français : très mal traduit de l'anglais. Le héros Edward n'a pas des "mains d'argent", qui pourraient signifier des mains habiles, magiques, merveilleuses... A la place des mains, il a d'horribles paires de ciseaux ! (en anglais Edward Scissorhands).
On aurait pu espérer un film fantastique, magique, aux décors merveilleux. C'est le cas au début du film . Puis très vite on se retrouve dans une horrible banlieue résidentielle américaine, avec ses ménagères histériques et ses hommes passant leur temps à tondre la pelouse. Et puis un monstrueux tas de moralisme puritain à l'américaine...
Bref, un conte de fée raté et un conte philosophique à l'eau de rose.
Très bonne interprétation cependant de Johnny Depp.
Tim Burton                    Les noces funèbres
Film d'animation (en volume) de Tim Burton sorti en 2004.
L'action se passe au XIXè siècle. Victor et Victoria doivent se marier; et pourtant ils ne se connaissent pas. Ce sont leurs parents respectifs qui se sont mis d'accord entre eux, sûrement pour une sombre question d'argent.
Victor va se trouver transporté dans le royaume des morts...
Le reste ne se raconte pas. Ce film est une merveille. Une beauté à couper le souffle ! Burton a mis dix ans pour créer ce joyau. Il faut le voir, le revoir, s'en délecter...
Jaco Van Dormael                       Toto le héros
Film belge de Jaco Van Dormael sorti en 1991.
Le jeune Thomas, huit ans, est persuadé d'avoir été échangé, dès sa naissance, avec un autre bébé lors de l'incendie de la maternité. Donc il ne serait pas lui, mais Alfred, son jeune voisin. Il devient, toujours à huit ans, amoureux de sa grande soeur, ou plutôt, c'est celle-ci qui devient amoureuse de son frère. C'est déjà bien compliqué, comme le sera tout le reste du film. On se perd un peu (beaucoup ?) dans tous les flashbacks jusqu'à confondre un peu tous les personnages : Thomas enfant qui rêve de devenir un héros agent secret, Thomas adulte qui ne sait pas trop ce qu'il veut et qui tombe amoureux d'une jeune femme qui ressemble à sa soeur morte enfant dans un incendie qu'elle a elle-même allumé pour prouver à Thomes (huit ans) qu'elle n'aime que lui et pas le fameux Alfred. Puis Michel Bouquet (l'acteur) surgit dans une maison de retraite -c'est en fait Thomas devenu en vieillard... qui veut à tout prix tuer le fameux Alfred ! Bref tout cela est bien confus et l'on se demande souvent ce que le réalisateur a voulu montrer.
Tim Burton                Miss Peregrine et les enfants particuliers
Film de Tim Burton sorti en 2016.
Un grand film de Burton comme on les aime. Les personnages sont des êtres humains (surtout des enfants), mais dotés de capacités surnaturelles. Ema est plus légère que l'air et doit porter des chaussures lestées de plomb pour ne pas s'envoler, Millard est un petit garçon invisible, Fiona peut faire pousser les plantes en accéléré, etc... Tous ces enfants vivent dans une "boucle temporelle", c'est-à-dire qui revivent chaque jour le même jour, ici le 3 septembre 1943. L'histoire est un peu compliquée, et l'on s'y perd un peu dans tous ces personnages surnaturels. Le première partie est très attachantes, pleine de poésie et l'on aurait parfois envie de vivre dans ce manoir, entouré par ces enfants, sous l'oeil bienveillant de Miss Peregrine. La seconde partie du film est plus confuse, trop de bagarre entre monstres humanoïdes se nourrisant des yeux de leurs victimes... Du bon Burton comme on aime.
Fellini                            Prova d'Orchestra
Film de Federico Fellini sorti en 1978
Un orchestre symphonique répète (Prova d'orchestra = Répétition d'orchestre) sous les caméras de la télévision venue filmer et interviewer les musiciens. On ne voit jamais l'équipe de télévision (d'ailleurs on se demande si elle existe) et ce n'est absolument pas un film sur un orchestre symphonique ou sur la musique !! Fellini a inclu un grand nombre de messages (personnels) dans ce "petit film" -petit par sa durée-. Les musiciens semblent plus proches d'ouvriers d'usine représentés par leur syndicat et qui défendent chacun leurs petits intérêts particuliers (représentés par leur instrument de musique). Le chef d'orchestre ne serait-il pas un peu dictateur fasciste ? La "salle de répétition" est un oratoire du XIIIe siècle qui fait un peu penser à une baraque d'un camp de prisonniers. La révolte des instrumentistes contre leur chef (graffitis sur les murs, chute des idoles -Mozart...- nous replonge dans pseudos révolutions de mai 1968. La coupure de courant, les murs qui se lézardent sous les coups d'une énorme boule d'acier ne nous ramènent-ils pas aux bombardements de la guerre.
Un film d'une très grande richesse aux nombreuses interprétations possibles.
Roman Polanski                         Oliver Twist

Film de Roman Polanski sorti en 2005
Dickens + Polanski, cela ne pouvait donner qu'un chef-d'oeuvre, et c'est bien le cas ici.
Oliver Twist est ce petit garçon d'un dizaine d'années, orphelin, livré à la violence de l'Angleterre de la première moitié du 19e siècle, et principalement de Londres. Les décors sont magnifiques, l'ambiance du Londres de cette époque envoûtante.
Film pour adultes mais qui ravira les enfants, on est à la fois révolté, attendri, passionné par les aventures d'Oliver. Les acteurs sont formidables (voir Ben Kingsley dans le rôle de Fagin). Et tout ceci est multiplié par l'art de Polanski, sa science du cadrage et de la lumière.... Seule petite remarque : pourquoi le jeune Oliver n'est-il pas plus attendrissant, plus "petit garçon" (dans le roman, il a dix ans, alors que le jeune acteur en a douze). Mais c'est un choix de Polanski.

Stanley Kubrick                    Eyes Wide Shut
Film de Stanley Kubrick sorti en 1999
Il faut se laisser porter par le film, admirer le jeu des acteurs, se couler dans l'atmosphère nocturne du New-York en cette période des fêtes de Noël. Tout est étrange, la psychologie des personnages compliquée : un loueur de déguisements qui prostitue (peut-être ?) sa fille adolescente, des femmes splendides -souvent nues- au comportement trouble, un jeune couple beau, jeune, riche qui va de fantasme en fantasme -mais est-ce des fantasmes, des rêves, la réalité ?-. E nous nous retrouvons dans un mystérieux et splendide manoir peuplé de personnages travestis, le visage dissimulé derrière des masques vénitiens pour une cérémonie digne de sociétés secrètes. La musique joue un très grand rôle dans ce film : suite pour orchestre n°1 de Chostakovitch, chants litugiques roumains joués à l'envers et cette musique lancinante et envoûtante au piano de Gyorgy Ligeti. Splendide...
Stanley Kubrick              Orange mécanique
Film de Stanley Kubrick sorti en 1971
C'est le summum de la violence. Ce qui est pire, c'est que c'est une violence "ordinaire", qui pourrait avoir pour cadre un quartier de nos villes, une bande de jeunes "bien de chez nous". L'acteur principal (Malcom McDowell) est extraordinaire, si extraordinaire qu'il fait peur. C'est le chef d'une bande de jeunes , des délinquants, qui sèment la terreur, alors que leurs parents les prennent pour de gentils garçons... La violence est inouie, gratuite. La caid finit par être arrêté est envoyé en prison (drôle de prisons où les prisonniers portent costume et cravate !). Le suite se veut un peu trop moralisatrice et critique de la société. Un film baroque, où folie et violence se côtoient...
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