Culture Passion
CINEMA 2
Jean-Pierre Melville            Léon Morin prêtre
Film de Jean-Pierre Melville sorti en 1961
Que le noir et blanc peut être beau ! Voici un film dans la ligne des chefs-d'oeuvre de Robert Bresson. Tout en nuances, tout en atmosphère. Bien sûr, la période s'y prête : pendant l'occupation, dans une obscure petite ville de province, à cette époque où il y avait encore des curés et du monde dans les églises. Une jeune veuve de guerre défie un prêtre et finit presque par se convertir. Ce prêtre, c'est Belmondo, dans un rôle où il est "supportable", où il excelle même. Emmanuelle Riva y est remarquable. Beau film, sobre, intelligent, émouvant, un régal pour les amoureux du noir-et-blanc !
Jean-Pierre Melville              Le silence de la mer
Film de Jean-Pierre Melville sorti en 1949
Ce film est une adaptatation de la nouvelle de Vercors du même nom. Il peut être considéré comme le premier film de Melville.
Tourné en noir et blanc (mais comme le noir et blanc peut être beau !), il n'y a quasiment pas d'action ni de "dialogues", le seul personnage qui parle est l'officier allemand. L'histoire se passe pendant la seconde guerre mondiale. Un officier allemand (remarquablement interprété par Howard Vernon) est "hébergé" chez un vieil homme qui vit avec sa jeune nièce. Cet officier est féru d'art, de littérature, de musique. Il rêve déjà d'une Europe culturelle. Mais voilà, il n'est qu'un occupant, et le vieil homme et sa nièce ne peuvent sympatiser avec l'ennemi et resteront enfermés dans leur silence.
Ce film est un magnifique poème visuel ("Je voulais essayer un langage constitué uniquement d'images et de sons, d'où le mouvement et l'action seraient pratiquement bannis" a déclaré Melville) dans le silence de l'hiver rythmé seulement par le tic-tac de l'horloge.....
Jean-Luc Godard                            Alphaville
Film de Jean-Luc Godard sorti en 1965.
Film de science-fiction ? Peut-être pas.... Critique de la société future et des régimes totalitaires de l'est qui représentaient l'avenir en 1965, un peu, beaucoup...? L'agent-secret-journaliste du Figaro-Pravda est envoyé à Alphaville pour neutraliser le professeur von Braun (!!), qui régit, avec l'aide de l'ordinateur Alpha 60, la ville d'Alphaville -en fait Paris filmé la nuit dans des bâtiments d'architecture hyper-moderne pour l'époque (la Maison de la Radio toute récente) et dont les habitants ont perdu tout sentiment humain. Un grand malaise s'installe à la vision de ce film : bien sûr, cette ville est à des années-lumières de la terre, ce n'est pas "chez nous", mais bon, cette ville, c'est Paris, les voitures sont les voitures des années soixante, les super-ordinateurs sont aussi ceux de ces années. Eddy Constantine a un visage de pierre, Anna Karina n'est qu'une sorte de robot humain, et pourtant.....
Jean-Luc Godard              2 ou 3 choses que je sais d'elle
Film de Jean-Luc Godard sorti en 1967.
Nous sommes dans l'univers et le style cinématographique de Godard : rythme haché, haletant, parfois difficile à suivre, mais toujours envoûtant.... L'histoire ? Il n'y en a pas vraiment. Une femme, belle (Marina Vlady), habite dans un "grand ensemble" comme on en construisait dans les années soixante. Son mari ? insignifiant. Ses enfants , elle ne s'en occupe guère. Que fait-elle de ses journée ? elle fume, elle s'achète des frusques, elle semble aussi se prostituer à l'occasion. Et toujours une critique de la société à la Godard : société de consommation, vie sans but, sans passion, banlieue parisienne absurde et inhumaine, manque de communication. Tout cela prépare mai 68.
Godard : "c'est un peu comme si je voulais en essai sociologique en forme de roman"
Andrzej Jakimowski             Un conte d'été polonais                                                                                                                  
Film polonais sorti en France en 2008, récompensé dans les festivals de Venise, Sao Paulo, Tokyo, Miami...
Dans une petite ville de Pologne, un petit garçon, Stefek, est élevé par sa mère et sa grande soeur. Et le père ? Parti, disparu..., on ne le saura pas. Alors Stefek, en vacances d'été, vit sa vie d'enfant. Et c'est sa vie, à travers ses yeux d'enfant de 10 ans, que l'on vit dans le film. Il espère toujours le retour de son père; est-ce pour cela qu'il est fasciné par les trains et qu'il passe une grande partie de son temps à la gare. Sur le quai de cette gare, il rencontre chaque jour un homme qui attend le train. Stefek pense que cet homme est son père, enfin il le veut ainsi, c'est forcément son père...
Un film très sensible, où il ne se passe presque rien, que la vie vue à travers le regard d'un enfant.
  Paolo & Vittorio Taviani                        Saint Michel avait un coq                                                               
Les frères Taviani sont surtout connus par leur célèbre film "Padre Padrone".
"Saint Michel avait un coq" est un film assez déroutant, qui se veut un film "politique". Il raconte l'histoire d'un anarchiste italien condamné à mort pour avoir semé le trouble dans un village d'Ombrie. Cette condamnation fut commuée en réclusion à perpétuité. L'essentiel du film nous montre cet homme, d'abord dans sa cellule, à l'isolement, qui essaie de ne pas devenir fou en s'inventant une vie d'homme libre. Cette partie est très réussie dans son genre, puisque, en tant que spectateur, on ressent très bien cette angoisse et cet étouffement qui submerge le héros. Puis nous le retrouvons sur une barque, lors d'un tranfert dans une autre prison, où il essaie de convaincre une nouvelle génération de "pseudo-révolutionnaires".
Film avec des longueurs qui ne démontre pas grand-chose, si ce n'est la prétention et l'utopie de ces pseudo-révolutionnaires.
   Pierre Schoeller                                  Versailles                                                                                           
Deux merveilleux acteurs, Guillaume Depardieu et le tout jeune Max Baissette de Malglaive. Mais pour moi semble sonner très "faux". Des SDF philosophes et doux rêveurs, un enfant de cinq ans qui se retrouve à vivre dans une cabane au fond des bois (près du château de Versailles !) avec un marginal qui n'est pas son père. Non, ce ne peut pas être un conte ! En 2008, il n'y a plus de conte. Ce film se veut réaliste ? Réaliste mais invraisemblable ! Cette mère qui abandonne son fils à un inconnu un matin au milieu des bois ?
Bien sûr, ce sans-abri qui s'attache petit à petit à cet enfant, peut-être pour donner un sens à sa vie...? Il finira d'ailleurs par le reconnaître pour qu'il ait un nom, une existence légale. Sentimentalisme peut-être ?
Claude Chabrol                        Le boucher
Film de Claude Chabrol sorti en 1970
Quel plaisir de se retrouver dans un petit village des années soixante, avec son école pleine d'enfants calmes et respectueux, son église "avec des hommes dedans", un institutrice en 2CV, un enterrement au pas lent d'un cheval avec presque tout le village derrière.... Le boucher (Jean Yanne) tombre amoureus de la jolie (et si moderne) institutrice (Stéphane Audran). Cet amour restera platonique. La maîtresse d'école aime ses élèves, qui lui rendent bien, et cela lui suffit. Mais le boucher a eu un passé difficile : guerre d'Indochine, guerre d'Algérie.Ce petit monde idyllique va basculer dans l'horreur : une jeune femme est sauvagement assassinée, puis une autre... Bien sûr, on a très vite des doutes sur l'auteur de ces crimes. Un petit bijou de film.
Orson Welles               La Splendeur des Amberson
Film américain d'Orson Welles sorti en 1942
Le fond de ce film repose sur les relations profondes entre une mère et son fils. Celle-ci l'a trop gâté dans son enfance, l'a laissé faire tout ce qu'il voulait, se conduire de façon odieuse. Et bien sûr ce fils ne voit que sa mère, se l'accapare jusqu'à tout faire pour qu'elle ne se remarie pas avec Eugène Morgan qui a fait fortune dans l'automobile. Il faut dire que Georges est un peu "rétro" et préfèrera toujours les voitures à chevaux aux voitures sans chevaux. Lui-même ne se rendra pas compte de l'amour que semble lui porter la fille -charmante- d'Eugène Morgan. Les images noir et blanc sont souvent confuses et la psychologie des personnages très "américaine".
Un film pour spécialistes de l'histoire du cinéma essentiellement.
Woody Allen                             Zelig
Film (typiquement) américain de Woody Allen sorti en 1983.
Film réalisé par Woody Allen, avec comme principal acteur... Woody Allen. Pour dire qu'il faut vraiment apprécier le style Woody Allen ! Zelig est un homme caméléon : il transforme son apparence et sa personnalité en fonction de la personne qu'il côtoie; il côtoie un médecin, il devient médecin, il côtoie un noir, il devient noir...
Il s'agit d'un faux reportage sur ce personnage étrange, en même temps qu'une critique sur... à peu près tout : les médias, les médecins, les psys, etc . Ah oui, il faut ajouter que ce film est censé aussi être comique.
Le héros finit bien sûr par épouser sa psy. Un film pour fans de Woody Allen.
Jean-Luc Godard              A bout de souffle
Film de Jean-Luc Godard sorti en 1960, film qui fait date dans l'histoire du cinéma.
Michel Poiccard (JP Belmondo) est un petit voyou qui a tué sans véritable raison un gendarme qui voulait le contrôler. Arrivé à Paris, il retrouve une jeune étudiante américaine (Jean Seberg) avec pour seul but de coucher de nouveau avec elle. Toute l'histoire se résume alors à : "tu veux ou tu veux pas ?" , "je t'aime, moi non plus", agrémenté de vols de voitures américaines et de déambulations dans Paris dans les bars des quartiers chics. Michel Poiccard a aussi quelques relations avec la pègre pour récupérer de l'argent qu'on lui doit. Tout cela ne va pas très loin. Si Belmondo vous énerve, à éviter. Jean Seberg est absolument transparente, énervante à souhait avec son accent américain, fausse niaise et même pas jolie.
Jacques Rivette               Céline et Julie vont en bateau
Film français de Jacques Rivette sorti en 1974.
Jacques Rivette est un cinéaste de la "Nouvelle Vague", comme le maître Jean-Luc Godard.
Ce pourrait être un film fantastique, mais non, nous sommes bien dans le réel, un "réel" un peu arrangé peut-être ?
Julie est bibliothécaire, plutôt calme et bien rangée. Elle rencontre Céline, par hasard, dans un square, à Paris bien sûr; Céline est magicienne, chanteuse, danseuse et un peu "fofolle". Elles habitent ensemble chez Julie et se retrouvent souvent dans une vieille maison un peu mystérieuse, rue de Nadir-aux-Pommes, habitée, ou plutôt hantée par des acteurs fantômes. Tout est complètement décousu, loufoque, avec une grande part d'improvisation des deux actrices (Juliet Berto et Dominique Labourier). A ne pas manquer : le bonus du DVD, Jacques Rivette parlant de son film.
Claire Denis                          Les salauds
Film français de Claire Denis sorti en 2013.
"Les salauds" est un film difficile; difficile car le cinéma de Claire Denis l'est souvent.
Le film apparaît souvent confus, l'histoire est difficile à suivre, "antipathique", les dialogues chaotiques (pour Claire Denis, c'est d'abord l'image qui parle), l'élocution de Vincent Lindon volontairement peu claire...
L'image est magnifique avec une grande unité dans les éclairages (presque toujours sombres, mais quelle ambiance !), les acteurs excellents (Vincent Lindon, Chiara Mastroianni, Michel Subor, Lola Créton...). Très belle musique envoûtante de Tindersticks.
L'histoire ? Marco, officier de marine marchande (Vincent Lindon), revient à Paris aider sa soeur après le suicide de son mari et le viol de sa fille. Il fait la rencontre de Raphaëlle ( Chiara Mastroianni), la séduit -par amour , pour se venger ?- Réalité souvent très noire, violence, mais film fascinant....
Jacques Rivette              Ne touchez pas la hache
Film français de Jacques Rivette sorti en 2007
C'est en fait "La duchesse de Langeais" de Balzac adapté (très bien adapté) au cinéma par Jacques Rivette. Deux acteurs merveilleux, Guillaume Depardieu et Jeanne Balibar, des "seconds rôles" excellents, voilà de quoi régaler les amoureux de cinéma. L'écriture de Balzac est très bien transposée en termes cinématographiques, de même que l'ambiance de cette époque (la Restauration) : intérieurs aristocratiques des hôtels parisiens, bals, éclairages, costumes...
L'histoire ? Le général de Montriveau, vieux soldat de Napoléon, tombe amoureux de la belle duchesse de Langeais (dont le mari est totalement invisible). Celle-ci l'attise par ses regards, ses gestes, sa séduction... En fait elle s'en amuse. Mais Montliveau est vraiment amoureux et il est rendu comme fou par ses éternelles dérobades. Il se venge à sa façon et la duchesse
s'avoue qu'elle est éprise de son général. Mais cet amour réciproque et inavoué restera malheureux...
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